La caste des seigneurs,ou
le fait du prince
Qui sont les seigneurs ?
Il y a dans la vie courante et surtout dans le milieu associatif, des comportements qui méritent d’être soulignés pour comprendre l’état d’esprit et la personnalité des seigneurs.
Le seigneur moderne, celui qui nous préoccupe ici, est celui, ou celle, qui par délégation ou vote a été désigné comme le responsable d’une personne morale, une association régie par la loi du 1er juillet 1901.où les modes de désignations et les pouvoirs sont clairement et strictement définis dans les statuts de l’association..ils précisent l’étendue et le contenu de la mission des dirigeants et en particuliers celle du président.
Maurice DRUON a dit :
le fractionnement du pouvoir est la plus sûre manière d’en empêcher l’abus.
Montesquieu avait déjà en son temps fait des observations il en a déduit :
C’est une expérience éternelle que, tout homme qui a du pouvoir est porté a en abuser…….
Il est fortement conseillé de prévoir à la rédaction des statuts, une limitation de prérogatives pour éviter une dérive dictatoriale ou mégalomaniaque du président
Nous avons fait le même constat. On peut cerner les agissements dépassant le mandat confié et surtout le mépris des règles statutaires en matière de renouvellement des dirigeants à condition de rester au sein de cette association au moins une année ou en questionnant adroitement les membres affiliés depuis assez longtemps et qui s’en sont rendu compte.
Beaucoup de membres ne connaissent pas, ou peu, les différents articles de la loi ils ne savent pas que l’assemblée générale doit être tenue tous les ans que, suivant les statuts les membres élus au bureau doivent remettre leur titres ou prérogatives en jeu, ils doivent être réélus normalement. Les statuts de l’association de même que le règlement intérieur doivent être affichés et proposés à la lecture à tous les membres, ce qui est rarement fait.
Investi d’un pouvoir très encadré, le « seigneur » doit se soumettre aux exigences des statuts qui sont la loi de l’association. Même quand il s’agit d’un petit pouvoir sur une trentaine de sujets, mais la loi ne fait pas de distinction entre les grandes et petites associations seuls les statuts doivent en faire part en mentionnant les particularités intrinsèques à l’association pour laquelle ils ont été rédigés.
Le pouvoir est un aphrodisiaque suprême ( henri kissinger)
On se demande parfois comment il se fait que certains présidents d’association pérennisent leur pouvoir. ils demeurent à la tête à longueur de temps pendant des années et des années à telle enseigne qu’en finalité, l’association s’identifie à travers leur personne.
Ce pouvoir qui devrait être éphémère, car soumis à réélection par période n’excédant généralement pas quatre années, mentionné, comme nous l’avons dit plus haut à l’intérieur des statuts de l’association.
Il faut croire que le pouvoir est grisant et pas si contraignant que cela car les seigneurs s’y cramponnent, adhérent et s’identifient à l’association, ils deviennent le petit chef que tout le monde rencontre lorsqu’il approche l’activité.
Moins on a de pouvoir plus on aime à en user
Parmi les freins au développement du bénévolat il en est un de taille qui met en cause directement le président seigneur d’une association. Cela représente un handicap à la progression et à l’initiative.
Le président peut être quelqu’un qui délègue beaucoup . Par contre s’il se conduit en responsable qui tient à endosser sans partage les responsabilités de la gestion associative, les bénévoles ne se sentant plus utiles désertent les tâches, amenant les critiques acerbes du Président qui n’imagine même pas d’où vient la cause. Les parodies de réunions où les décisions sont déjà prises sont coutumières. On s’en aperçoit dans le discours du seigneur lorsqu’il annonce : j’ai décidé …….alors qu’il a contrecarré les initiatives des autres membres du bureau ou du comité.
Après les constatations du comportement dictatorial et mégalomaniaque des seigneurs d’association qui font fi des éventuelles limitations et prérogatives de l’association essayons de comprendre ces comportements.
Le maigre pouvoir conféré au Président d’une petite association loi 1901 par un vote semble le revêtir d’une tenue qui ne lui sied pas tout à fait, surtout quand il a ces idées de dictature. Mais lors du vote d’investiture personne ne le soupçonne à priori, car, qui s’investit dans le bénévolat aura un jour la possibilité d’être désigné Président. Nous ne voulons ici parler que des individus qui présentent la maladie du petit chef se prenant pour un seigneur, et qui usent de stratagèmes afin de perdurer à ce poste en écrasant leur entourage. Le seigneur au pouvoir n’a qu’un seul parti à prendre, le sien,…… qui le maintiendra au pouvoir…..
Par exemple la rétention d’informations venant de collectivités ou d’autres associations associées ou hiérarchisées. Cela confère, face aux autres bénévoles, une certaine compétence tout à fait illusoire car à l’époque ou nous vivons, l’information demeure facilitée par la multiplication des moyens de communication. N’empêche, que cela fait quand même son effet sur celui ou celle qui prend part à la vie de l’association et qui recherche a mettre à profit la loi physique de la recherche du meilleur chemin sans obstacle. Dans ces cas de régime seigneurial le plus gros obstacle est bien le Président lui-même.
il est normal que des membres soient récompensés pour leur investissement personnel, pour les pouvoirs acquits dans des taches où ils ont brillé, gravissant petit à petit les échelons qui les ont amenés vers des postes à responsabilité. Ce ne sont pas des élus mais certains recherchent, des lauriers.
il serait peut être judicieux de tester l’humilité de ces honnêtes membres en leur confiant des tâches de basse besogne, qui peuvent être tout aussi intéressantes et observer si leur motivation reste la même. Si nous appliquions cette règle à nos seigneurs, que se passerait il ?
Je n’ai encore jamais rencontré un Président seigneur qui une fois déchu reste dans l’activité !!! Si Une fois sa démission donnée il disparaît cela porte à penser que sa véritable motivation n’était pas l’activité ni la générosité pour s’occuper des autres mais bien son pouvoir éphémère de petit chef.
Montesquieu l’avait observé, nous l’observons, d’autres l’observeront, la vie est ainsi faite et en attendant nous relevons tous, le problème des bénévoles dans les associations Ce phénomène de la race des seigneurs joue sans doute un grand rôle sur le turn over des bénévoles.
JB
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